Aujourd’hui j’ai décidé de te parler de mon blocage créatif et surtout de ce qui m’a aidé à en sortir. Comment définir un blocage créatif ? Pour moi, ça a été une longue période, après mes années d’études en arts-appliqués, où je n’arrivais quasiment plus à produire quoi que ce soit dans mon domaine de prédilection, à savoir la peinture. Pourtant, je ne manquais pas spécialement d’inspiration, mais toutes les idées que j’avais en tête me paraissaient très difficiles à réaliser et mes quelques tentatives me rendaient frustrée du résultat. En gros, mes attentes étaient importantes et la peur d’échouer me paralysait.
Quand j’ai eu 30 ans et que j’ai réalisé que le temps passait, l’inconfort lié au fait de ne pas créer est devenu plus important que la difficulté à me lancer dans un projet. En même temps, je savais que si je me lançais dans quelque chose de trop ambitieux, je risquais de me casser les dents et d’être frustrée à nouveau. Alors j’ai repensé au livre « Passagère du silence » de Fabienne Verdier. Lors de son initiation à la calligraphie en Chine, elle a passé des mois et des mois à tracer le même et unique trait horizontal sur chaque feuille, avant de passer à quelque chose de plus élaboré.
Dans le même esprit, je me suis dis que j’allais choisir un sujet très simple et que j’allais le répéter encore et encore. Je voulais partir sur de nouvelles bases, sans me mettre de pression ni avoir des attentes concernant le résultat. C’était le chemin, le processus qui m’importait. La technique serait très simple elle aussi : une pointe fine noire uniquement. C’est comme ça que mon carnet de croquis « Pommes-poires » est né. Uniquement des pommes et des poires, sur un carnet d’environ 50 pages. Et ça a marché. J’ai pu recommencer à créer, j’ai repris confiance petit à petit, et j’y ai pris du plaisir.
À la fin de mon carnet, j’ai eu envie d’en faire un nouveau, mais ça, ça sera dans un autre article…
« À partir d’aujourd’hui, oublie ce que tu as appris, ce que tu as cru comprendre, les catégories esthétiques du beau, du laid. Tout ça, au panier ! Tu vas commencer par tracer des traits, seulement des traits pendant plusieurs mois. En peinture chinoise, tout se construit à partir de traits ; ils sont les pierres à l’aide desquelles on bâtit la maison. Ne t’imagine pas que nous allons tout de suite copier des estampages de calligraphies anciennes. Il faut d’abord que tu possèdes une base solide. Cette base, c’est le trait horizontal. »
Le maître de calligraphie à Fabienne Verdier
Comme matériel,
j’ai utilisé :
Tu seras peut-être
intéressé par :









